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Lola et Luc - Chapitre 2 - Bilitis, l'infirmière.

  • 30 avr. 2023
  • 18 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 avr.


 

… (Toc, toc, toc)

— Entrez ! (Une voix venant de l’infirmerie vient de répondre.)


Luc ouvre la porte blanche.

En face de lui se tient une jeune femme en blouse blanche, assise derrière son bureau.


— Entrez donc, ne restez pas devant la porte, dit-elle avec un large sourire. Je ne vais pas vous manger.

— Bonjour, dit timidement Luc.

— Bonjour, Madame, dit à son tour Lola en se décalant de derrière Luc afin de montrer sa frimousse, avec un signe de la main en guise de coucou.


L’infirmière la remarque derrière Luc. Elle ouvre grand les yeux et semble troublée. Elle se lève d’un bond pour enfin les accueillir.

Elle s’approche du jeune couple. Elle est surprise d’avoir des patients de si bonne heure.


— Euh, bien… Approchez ! Prenez une chaise devant mon bureau. Je dois juste prendre quelques renseignements avant la consultation, dit-elle en refermant la porte derrière eux.

Lola et Luc prennent place.


L’infirmière revient s’asseoir derrière son bureau. On y trouve un ordinateur, un clavier et deux ou trois brochures médicales posées sur le côté.

Son regard asiatique, à peine maquillé, souligne un joli minois encadré par une chevelure raide, attachée par un chouchou bandana. Sa bouche fine, délicatement dessinée, brille d’un gloss rouge discret. Elle est vêtue d’une simple blouse blanche et d’une toque.

Luc et Lola l’observent avec attention. Ce petit bout de femme ne les laisse pas indifférents. Il se dégage d’elle un charme troublant, presque envoûtant. Le fantasme de la jolie infirmière prend soudain vie devant eux.


— Je suis Bilitis, l’infirmière du lundi, mardi et mercredi dans cette université. Je vous avoue que je ne pensais pas avoir de patients de si bonne heure… et surtout le jour de la rentrée. Non, je plaisante. Je sais bien que si vous êtes là, c’est pour de bonnes raisons.


Elle commence à pianoter sur son clavier, ses doigts glissant avec aisance sur les touches.

— Bon, qui de vous deux vient consulter ?

— Moi, répond l’étudiant en levant la main comme dans une salle de classe.

— Bien… Comment t’appelles-tu ?

— Luc. Luc Koisuru, K-O-I-S-U-R-U.

— Tu es en quelle année ?

— Première année d’art.

— Tu as quel âge ?

— Dix-neuf ans.

— Tu fumes ? Tu prends de la drogue ?

— Non, une cigarette de temps en temps… pour tousser, plaisante Luc.

— Mouais… c’est comme tu veux. Du moment que tu ne te fasses pas de mal, répond l’infirmière avec un sourire en coin.

— Des antécédents ? Une maladie, une hospitalisation, des problèmes de diabète dans la famille ?

— Non, heureusement.

— Bien. Que t’arrive-t-il, alors ?

— Je suis tombé.

— J’avais bien remarqué une égratignure sur ton genou lorsque vous êtes entrés.

— Oui… je m’excuse, c’est moi qui l’ai bousculé, intervient Lola en levant légèrement la main.

L’infirmière semble surprise.

— Oh, mais elle n’a pas du tout fait exprès, intervient Luc.

— C’est gentil, Luc, sourit la jeune fille en lui posant la main sur l’épaule, ce qui le fait frissonner.

— En effet… premier jour de fac, une belle gamelle, ajoute l’infirmière avec un sourire. Oups, pardon, je voulais juste détendre l’atmosphère.

— On voulait vous demander de désinfecter ses plaies. Je trouve qu’elles sont profondes, dit Lola.

— C’est exactement ce qu’il faut faire. Tu peux rester là si tu veux… Comment t’appelles-tu ? demande l’infirmière en s’adressant à Lola.

— Lola. Mais je peux attendre dehors.

— Non, ce n’est pas nécessaire, je n’en aurai pas pour longtemps. Ça ne vous dérange pas si je vous tutoie ? Nous avons presque le même âge, alors…

— Non, pas du tout.

— Je sors de l’école d’infirmière de Lyon. Je n’ai que vingt-deux ans. Vous pouvez même m’appeler Bilitis, ça me fera plaisir. Je ne connais presque personne à Montpellier, je suis arrivée il y a juste une semaine, pour la rentrée. Vous êtes les premières personnes avec qui je parle… à part, bien sûr, le corps enseignant. J’ai l’impression d’être une étudiante au milieu d’eux. Pardon de m’étaler, mon histoire est un peu compliquée…

— Ne t’inquiète pas, moi aussi, dit Lola. Je suis nouvelle dans cette ville. Je viens de l’Ardèche, je ne connais personne ici. Mes copines du lycée sont toutes restées vers Nîmes. C’est horrible… cela fait une semaine que je pleure dans ma chambre en cité U. J’aimerais bien rencontrer des gens, mais j’ai l’impression que la plupart des étudiants de la cité sont arrivés hier soir.


Elle marque une légère pause, puis reprend, un peu plus douce :

— Ça me ferait plaisir qu’on se voie en dehors de la fac… en dehors de ce contexte d’études.

— Je comprends, acquiesce Bilitis.

— Tu es en cité U ? Laquelle ? Parce que moi aussi, ajoute Luc.

— Mais… vous ne vous connaissez pas ? coupe Bilitis. 

— Non, pas du tout, répond Luc. On vient juste de se rencontrer… grâce à la chute.

— Une rencontre surprenante, dit l’infirmière avec un sourire.

— Je suis à la Colombière, poursuit Lola.

— Au Triolet. C’est à côté, répond Luc.

— Et tu viens d’où ?

— De Toulouse. J’avais envie du soleil méditerranéen pour mes études.

— Nous sommes donc trois nouvelles âmes en terres inconnues, conclut Bilitis. Moi qui croyais avoir affaire à un joli petit couple… Vous êtes pourtant très mignons, tous les deux, ensemble.

— Eh bien non, nous ne sommes pas en couple, dit Lola. Je viens juste d’être plaquée par ma petite amie.

— Oh… pardon, Lola, je suis confuse, répond l’infirmière. Ça doit être encore douloureux pour toi.

— Non, ça va. Ça fait maintenant quatre mois. Je m’en remets doucement, avoue-t-elle avec une pointe de tristesse. Cette nouvelle année universitaire me changera les idées.

— Si vous êtes d’accord, j’aimerais vous inviter samedi soir chez moi. On pourrait se faire un petit repas ensemble… à moins que vous rentriez chez vous le week-end ?

— Non, répond Lola en se redressant sur sa chaise. J’accepte avec plaisir ton invitation.

— C’est OK pour moi aussi, s’empresse de répondre Luc.


Une amitié inattendue vient de naître entre ces trois jeunes gens. En l’espace d’un instant, les regards se font plus confiants, plus sereins. Les rentrées provoquent toujours leur lot de stress chez les étudiants. Lola, Luc et Bilitis se sentent déjà plus rassurés pour la suite… moins seuls.


Luc remarque les yeux brillants de Lola. Elle est émue. Il croise ensuite le regard de Bilitis, qui lui sourit. Elle semble plus mature, plus posée, sans doute en raison de son statut.

Finalement, ils rient ensemble, portés par une connivence nouvelle. Chacun sent que cette première journée restera gravée dans sa mémoire.


Bilitis se lève de sa chaise.


— Allez, Luc… installe-toi sur la table d’auscultation. Tu peux te déshabiller, ce sera plus pratique pour moi. Il nous reste à peine trente minutes avant que les premiers cours ne commencent. Heureusement que vous êtes venus tôt ce matin… Dépêchons-nous. Je vais désinfecter tes plaies.


Luc se lève. La table d’auscultation se trouve à côté du bureau. La pièce n’est pas très spacieuse, mais tout le nécessaire est là : des étagères garnies de matériel médical, de quoi soigner le plus mal en point, un lavabo dans un coin, et une grande fenêtre opaque laissant filtrer une lumière douce.


Il déboutonne lentement sa chemise, sous leurs regards. Le tissu glisse le long de ses épaules avant qu’il ne la retire complètement. Il la pose sur sa chaise, à côté de Lola.


— Humm… ça va être intéressant, lance Lola en plongeant son regard dans celui de Luc. 

— Mais pourquoi tu dis ça, Lola ? Je croyais que tu n’aimais que les filles, s’interroge Bilitis avec une pointe d’humour, pour ne pas la mettre mal à l’aise.

— Un joli torse masculin ne me déplaît pas, rétorque Lola en adressant un clin d’œil à l’infirmière.

— Je sais que vous êtes en majorité, les filles… mais je ne vais pas me laisser intimider par deux jolies petites gonzesses, plaisante Luc en gonflant légèrement le torse, exhibant sa musculature avec un sourire joueur.


Les filles éclatent de rire.


Il enlève ses chaussures, puis déboutonne son bermuda. Il se tourne légèrement avant de le faire glisser lentement le long de ses jambes, conscient des regards posés sur lui. Un geste presque calculé, comme s’il cherchait à provoquer une réaction.

Celle de Lola ne se fait pas attendre.


— C’est… magnifique, murmure-t-elle en portant un doigt à ses lèvres, le regard brillant. Le fessier masculin n’est peut-être pas aussi attirant que celui d’une femme… mais il a son charme, indéniablement.

— Merci du compliment.

 

La chaleur ambiante monte d’un cran.


Pendant ce temps, Bilitis, imperturbable en apparence, installe du papier d’examen sur la table. Le patient s’approche, nu, avec une assurance mêlée de légère provocation.

L’infirmière se retourne… et marque un court instant d’arrêt en le découvrant ainsi, dans le plus simple appareil.

— Tu pouvais garder ton caleçon… ou ton slip, dit-elle tranquillement.

— Je n’en porte jamais.

— Comme tu veux. Viens, allonge-toi sur le dos, la tête de ce côté.


Bilitis se concentre sur son travail, du moins en apparence. Pourtant, elle ne reste pas insensible à la présence du jeune homme. Un regard furtif sur sa peau légèrement bronzée suffit à éveiller en elle un trouble discret, une chaleur qu’elle s’efforce de maîtriser.

Lola n’en perd pas une miette. Elle le regarde s’installer sur la table molletonnée, attentive au moindre geste. Dans son esprit, elle le peint déjà. Chaque détail trouve sa nuance, sa texture, sa lumière.

Luc est un beau garçon de dix-neuf ans. Il n’est pas très épais, mais ses muscles se dessinent avec netteté, épousant sa silhouette à chaque mouvement. Ses fesses sont fermes, son dos joliment galbé, ses épaules bien dessinées.

Il utilise le marchepied, pivote pour s’asseoir sur le matelas, puis se laisse doucement tomber sur le dos en ramenant ses jambes.

Le regard de Lola glisse sur sa ceinture abdominale, finement sculptée. Sa peau, légèrement hâlée, ne porte presque aucune marque. Sa pilosité est discrète, laissant apparaître des lignes nettes et harmonieuses.

Elle détourne à peine les yeux lorsqu’il s’allonge complètement, mais l’image fugace qu’elle capte suffit à la troubler. Un détail aperçu trop vite… et pourtant déjà gravé dans son esprit.

Elle observe ses mains, les retourne lentement. Son esprit s’égare malgré elle, imaginant ce contact fugace, cette proximité encore inconnue. Avec les quelques images qu’elle a saisies, son imagination comble les vides, esquisse des sensations.

Elle croise et décroise les jambes, incapable de tenir en place. Une chaleur diffuse s’installe en elle, troublante, presque déroutante. Un frisson la parcourt, la faisant légèrement trembler.

 

Bilitis attend que Luc soit confortablement installé, puis commence son examen.

— Tu es bien installé ?

— Oui, merci.

— Tu as mal quelque part ? continue-t-elle en laissant son regard parcourir brièvement son corps.

— Non, nulle part.

— Bien… Tes plaies ne sont pas graves, mais un peu de désinfectant sera nécessaire, dit-elle en soulevant doucement le coude de Luc. Tu n’as pas mal quand je bouge ton bras comme ça ?

— Non.


Elle poursuit son examen du regard, attentive et appliquée. Lui se sent fébrile sous celui, troublant, de l’infirmière. Il devine, sous sa blouse fermée, des formes généreuses qui captent malgré lui son attention. Un léger tremblement le parcourt ; il est à la fois intimidé et impressionné.

Le regard professionnel de Bilitis, précis et concentré, éveille en lui des sensations qu’il peine à contenir. Il retient son souffle, tente de rester parfaitement immobile malgré le trouble qui le gagne.

L’infirmière tire délicatement sur la peau à proximité des plaies, puis se penche pour mieux observer. Quelques égratignures marquent ses genoux et ses coudes. Elle saisit l’une de ses mains, constate qu’elle a été épargnée par la chute, puis vérifie l’autre avec la même attention.

Bilitis se tourne vers son établi, où plusieurs flacons et instruments médicaux sont soigneusement rangés.

Luc relâche enfin sa respiration. Pourtant, il ne peut ignorer les sensations qui continuent de l’envahir, malgré ses efforts pour les contenir. Une chaleur persistante s’installe en lui, discrète mais bien présente.


— Bon, rien de grave. Je vais d’abord nettoyer ces blessures. Ensuite, j’appliquerai un spray désinfectant. Ça va, Luc ?

— Oui. Je n’ai pas peur, répond-il avec humour.

— Tant mieux, je suis la plus gentille des infirmières. Après cette intervention, à chaque fois que tu auras un petit bobo, tu penseras à venir me consulter, ajoute-t-elle avec un sourire.

— Je suis déjà conquis.

 

— Voilà… une compresse nettoyante. Ne bouge pas, ça ne piquera pas. Lève ton bras, s’il te plaît.


Le parfum de l’infirmière parvient jusqu’à lui, subtil et troublant. Une odeur fruitée… de pêche, reconnaît-il. Il ferme les yeux tandis qu’elle le soigne, comme pour mieux s’abandonner à cette sensation.

Lola, elle, remarque un mouvement qui attire son regard au-dessus du corps allongé de son nouvel ami. Quelque chose change, imperceptiblement d’abord… puis de plus en plus évident.

Elle retient sa respiration, troublée par ce qu’elle devine précisément. Une chaleur monte en elle, diffuse, irrépressible. Elle croise légèrement les jambes, cherchant à contenir ce frisson qui la traverse.

Luc se sent tendu. Il ne parvient pas à reprendre totalement le contrôle de ses sensations. Bilitis change de bras ; il lève machinalement l’autre.

 

— Bien…, lance-t-elle, concentrée sur son geste.

 

Elle perçoit sans difficulté le trouble de son patient, mais rien ne semble altérer son professionnalisme. Pourtant, son regard s’attarde une fraction de seconde de trop, comme attiré malgré elle.

Un détail survient : Elle profite du moment délicat pour admirer le prépuce glisser. La fine peau se découvre lentement, dans un mouvement presque délicat, comme un geste maîtrisé et naturel. Elle laisse apparaître une teinte rosée, douce, à peine révélée.

Bilitis laisse son regard s’attarder un bref instant, intriguée par la présence affirmée de son patient. Elle admire la largeur de l'organe avec en son sommet : sa petite bouche.

Lola, quant à elle, s’est légèrement redressée pour mieux observer, captivée par cette scène presque irréelle, comme suspendue hors du temps : un instant de vérité brute, troublant et vivant.

Ce moment suspendu qu’elles enregistrent…


L’infirmière se reconcentre aussitôt sur son soin, avec une maîtrise presque irréprochable.

Pendant que Bilitis repose doucement le bras de Luc, elle jette un regard vers Lola, désormais debout presque à côté d’elle.


Lola lui adresse un mot silencieux, articulé lentement :

— Ma-gni-fi-que.

Bilitis soutient son regard un instant, puis esquisse un léger sourire avant de répondre, de la même façon :

— Oui.


Le regard de Bilitis glisse un instant vers Lola. Sous le tissu léger de son top, elle devine sans peine la réaction de son corps.

Avec un discret mouvement de tête, presque imperceptible, elle lui fait remarquer ce détail, comme un secret partagé.

Lola effleure du bout des doigts la pointe de sa poitrine à travers le tissu léger. Un frisson la traverse aussitôt.

Elle relève les yeux vers Bilitis, lui adresse un sourire teinté de gêne, ses joues légèrement rosies… laissant deviner, sans un mot, l’intensité de son trouble.

 

Bilitis poursuit le nettoyage des genoux de Luc. Avec douceur, elle pose une main sur sa cuisse. Geste purement professionnel… ou subtilement chargé d’une intention plus palpitante ?

Le contact s’attarde à peine, mais suffit à nourrir l’ambiguïté de l’instant.


Luc garde les yeux fermés. Il sait ce qui lui arrive, il le sent, impossible à ignorer. Il imagine les regards posés sur lui, ce qu’ils devinent, ce qu’ils observent.

Son corps a trouvé son propre rythme, parcouru de légères tensions qu’il ne maîtrise plus vraiment. Une chaleur diffuse s’ancre en lui, persistante, presque vibrante, trahissant malgré lui l’intensité du moment.

Luc ressent une vague monter en lui, lente et irrépressible. Une sensation profonde, son liquide séminal qui naît au creux de son corps et se propage progressivement, suivant un chemin qu’il connaît sans pouvoir l’arrêter.

Chaque seconde amplifie cette tension, comme une onde qui le traverse de part en part, jusqu’à le faire frémir malgré lui.

Lola n’en peut plus. Toujours debout à un mètre de Luc, elle resserre légèrement les jambes, cherchant à contenir les sensations qui la traversent.

Elle déglutit, sa bouche soudain plus sèche, puis passe lentement sa langue sur ses lèvres, comme pour en retrouver le goût. Son regard reste fixé sur lui, habité par une envie qu’elle peine à dissimuler. Elle aimerait sentir ce membre dans sa bouche.

Son imagination s’emballe, nourrie par l’instant, par cette proximité troublante qu’elle ressent jusque dans son corps.

 

Bilitis a désormais pris son spray désinfectant. Toujours une main en contact avec la peau de Luc, afin de ne pas le surprendre pendant le soin, elle reste concentrée. Rien ne semble pouvoir la perturber. Certes, il ne lui est pas indifférent, mais le travail passe avant tout. Elle tient à bien faire.

La sonnerie de l’université retentit, puissante et prolongée. Lola s’est rassise.

Luc ouvre les yeux.


— Ne bouge pas, Luc, s’il te plaît. Je n’ai pas fini mon examen. Ce n’est que la première sonnerie… Nous avons encore dix minutes à profiter d’être ensemble. Ça va ? demande-t-elle.

— Oui…, répond-il d’une voix légèrement enrouée.

— Parfait. Tu peux garder les yeux fermés si tu veux. Je vais prendre ta température, ton pouls, écouter ton cœur et tes poumons, palper ta rate, ton foie, prendre ta tension… enfin, pas mal de petites choses.

— Ok.

— Lola, tu restes avec nous, je n’en ai plus pour longtemps.

— Bien sûr, j’attends. Tout est ma faute si nous sommes là. Je me sens un peu redevable.

— Toi, tu es vraiment une gentille fille… je t’aime bien. Je l’ai senti dès que je t’ai vue, ose l’infirmière avec un sourire.

— Merci beaucoup… tu me fais vraiment plaisir. Tu vas finir par me rendre amoureuse, répond-elle en souriant.

Des instants suspendus, des mots à demi avoués…

 

L’infirmière palpe maintenant le ventre de Luc. Son corps réagit malgré lui, malgré le maigre intermède de cette sonnerie. Animé de légers mouvements qu’il ne contrôle plus vraiment. Rien ne semble s’apaiser.

Une trace de son vertige devient visible, discrète mais éloquente, trahissant l’intensité du moment suspendu.

Lola, de son côté, enfonce légèrement sa main entre ses cuisses. Son mini-short entrave ses gestes, l’empêchant de répondre pleinement aux sensations qui l’envahissent. Elle se sent brûlante, tendue, comme prise dans une vague qu’elle ne parvient plus à contenir.

Luc a refermé les paupières et s’abandonne aux mains chaudes de l’infirmière. Il est au centre de toute l’attention, et cela le comble profondément.

Cette exposition, ce moment suspendu, ne fait qu’intensifier les sensations qui le traversent. Son sexe réagit malgré lui, animé de mouvements légers et réguliers, comme porté par une tension qu’il ne cherche même plus à contenir.

Une nouvelle perle apparaît, discrète mais révélatrice, trahissant l’intensité de l’instant.

Le regard de Lola s’y accroche malgré elle. Quelque chose de magnétique, presque irrépressible, attire son attention. Une envie trouble, difficile à nommer, monte en elle ; une curiosité brûlante, instinctive, qui envahit ses pensées et trouble sa respiration.

Son imagination s’emballe. Elle se projette, troublée par ce qu’elle ressent, par cette proximité presque irréelle, entre sa langue et son palais. Elle pourrait l'enfoncer jusque dans sa gorge. Jusqu'à perdre sa respiration, sa raison. Recueillir, hériter comme un cadeau le nectar brulant.

Une envie profonde, viscérale, s’impose à elle : celle de franchir la distance, de céder à cette attraction brûlante qui envahit chacun de ses sens.

Elle en perd presque le souffle, submergée par l’intensité de ce qu’elle imagine, par cette vague de chaleur qui la traverse et ne semble plus vouloir redescendre.


— Oh la la ! Luc ! s'exclame l'infirmière, ta tension est sacrément élevée.

— Hein ? sursaute-t-il.

— Tu vas me dire, vu ta magnifique érection. C'est tout à fait normal, explique l’infirmière.


Il relève la tête. Regarde son sexe bien droit. Une belle goutte translucide est sur son méat. Celui-ci est fin, étiré sur sa longueur tellement le gland est gonflé, distendu.

Il regarde Bilitis, dans les yeux. Elle lui sourit en détachant son tensiomètre.


— Ça te dérange, si je sors de mon cadre de travail ? demande Bilitis.

— Tu es déjà mon infirmière préférée. Si je peux être ton patient préféré… et, par la même occasion, ton ami, ça me va, répond-il en rougissant légèrement.

— Je suis heureuse… merci, vraiment, ajoute-t-elle, les pommettes rosées.


Elle hésite une fraction de seconde, puis esquisse un geste, comme pour demander une permission silencieuse.

 

— Tu permets ? reprend-elle doucement, le regard chargé d’une intention à peine voilée.

— Je t’en prie… Si ça te fait plaisir, alors ça me fera plaisir aussi.


Elle approche lentement son index, hésitante, puis effleure à peine, comme pour saisir un détail fragile et éphémère. Son geste est précis, délicat, presque étudié.

Luc tressaille aussitôt. Une onde le traverse, brutale et incontrôlable, le laissant suspendu à la limite de lui-même, au bord d’un point de bascule qu’il peine à contenir.


— J’ai une petite amie qui meurt de soif… C’est vrai qu’il règne ici une drôle d’atmosphère, presque chargée d’amour. Dans une telle ambiance, les gorges se dessèchent vite. Il est peut-être temps d’y remédier, dit-elle en s’approchant doucement de Lola.

— J’ai tellement soif… murmure cette dernière, le souffle légèrement tremblant.

Lola se met à genoux devant Bilitis, la tête légèrement levée, dans une attente silencieuse.

— Tiens… ma chérie, murmure cette dernière.


Luc se tourne pour observer la scène, captivé.

Bilitis tend lentement sa main, son geste précis, presque cérémonieux. Lola entrouvre les lèvres et accueille délicatement ce qu’on lui offre.

 

Un frisson la traverse aussitôt. Elle ferme les yeux un instant, comme pour savourer pleinement cette sensation, ses joues se teintant d’une légère rougeur.


— C’est sucré… c’est délicieux, soupire-t-elle. Merci, Luc… tu es un amour.

— J’ai une chance incroyable… Mais je n’ose même pas bouger. J’ai l’impression d’être au bord de perdre le contrôle de mon éjaculation, murmure-t-il, la voix tendue.

 

Bilitis prend la main de Lola pour l’aider à se relever. Leurs regards se croisent, intenses, lumineux. Leurs yeux brillent d’une émotion sincère, presque fragile.

Elles se sont trouvées. Leurs cœurs battent à l’unisson, emportés par cette connexion soudaine et troublante.


— Vas-y… ma chérie, je t’aime, murmure Bilitis, la voix douce, chargée de tendresse.

— Moi aussi, je t’aime, répond Lola.


Elle s’approche ensuite de Luc, son regard posé sur lui avec une intensité nouvelle.


— Tu es vraiment beau, Luc… murmure-t-elle. Tu me troubles plus que je ne l’aurais imaginé. N’aie pas peur… ne bouge pas.


Sa voix est douce, presque caressante, chargée d’un désir qu’elle ne cherche plus vraiment à dissimuler.


— Non… je… je ne bouge pas, bégaye-t-il dans un murmure.

 

Elle pose ses mains sur le bord de la table d’auscultation, puis s’approche lentement. Son souffle se rapproche, chaud, troublant. Le corps de Luc réagit malgré lui, rythmé par des élans qu’il ne contrôle plus.

Il sent la tension monter, irrépressible, comme une vague prête à déferler. Tout en lui se tend, au bord d’un point de rupture qu’il ne peut plus contenir.

Lola s’arrête à quelques centimètres, laissant son souffle caresser la peau du gland rouge sang, attisant encore davantage l’intensité du moment.


— Oui… lâche Luc en serrant les dents.


Tout son corps se raidit. Ses abdominaux se contractent, dessinant chaque ligne de son ventre. Ses bras, tendus le long de son corps, le soulèvent presque, comme traversé par une décharge. Son visage se colore, crispé par l’intensité du moment.

Lola s’approche, franchissant enfin la distance. Le contact est immédiat, brûlant, irréversible. Elle ferme les yeux, submergée par ce qu’elle ressent dans sa bouche, accueillant cette tension qui trouve enfin son exutoire.

Luc serre les poings. Une première vague puissante le traverse, incontrôlable, le faisant vaciller entre abandon et vertige. Chaque pulsation le soulève légèrement, comme si son corps cherchait à échapper à lui-même. D’autre vagues se succèdent cherchant l’issue.

Lola reste immobile, entièrement absorbée par l’instant, comme suspendue hors du temps. Chaque vague brûlante est aussitôt accueillie, puis disparaît au fond de sa gorge dans un même élan. Des larmes glissent le long de ses joues, mêlées d’émotion et d’une forme d’extase qu’elle ne cherche pas à retenir.

Elle sent les mains de Bilitis se poser sur ses hanches. Sa présence derrière elle est douce, enveloppante, presque protectrice.

  Peu à peu, la tension retombe. Luc reprend conscience de son corps, de son souffle. Il baisse les yeux, encore tremblant, puis relève le regard vers Bilitis.

Elle lui sourit. Un sourire tendre, presque amoureux.

  Lola se retire lentement, dans un dernier geste délicat. Elle se relève, puis se tourne vers celle qui semble l’avoir transformée.

Elle passe ses bras autour de son cou et l’embrasse. Une étreinte profonde. Leurs lèvres se cherchent, se trouvent, s’attardent avec une douceur fébrile.

Bilitis glisse ses mains le long de son corps, la rapproche d’elle avec une certaine intensité, comme pour ne plus la laisser s’échapper.

Luc les observe. Sous ses yeux, quelque chose d’évident est en train de naître entre les deux femmes. Une évidence presque foudroyante, à laquelle il assiste, bouleversé. Son cœur tambourine dans sa poitrine.

Il écoute le murmure de leur proximité, ce souffle mêlé, cette tendresse qui semble les envelopper entièrement.

Elles sont belles…

 

— Dépêchez-vous, dit Bilitis.

— Pas d’inquiétude, ce sont les inscriptions aux activités aujourd’hui. La journée est banalisée, rassure Luc.

— Oui, c’est la journée des rencontres, ajoute Lola en s’accrochant au cou de Bilitis pour lui voler un nouveau baiser.

Leurs lèvres se retrouvent encore, joueuses et avides, comme incapables de se quitter.

— Vous m’excitez, les filles… J’ai du mal à rester calme, dit Luc en esquissant un sourire gêné.

Bilitis se détache de Lola, non sans une pointe de regret.

— Attends, Luc, dit-elle.

— Hein ?

— Merci, ajoute-t-elle en se jetant à son cou à son tour. D’être tombé… grâce à cette jolie fille.

Elle dépose un baiser sur chacune de ses joues.

— Allez, les amis ! rit Lola.

— Attendez ! On a oublié pour samedi.

Bilitis sort son portable de la poche de son tablier.

Ils échangent rapidement leurs numéros.

 

— Je t’appelle dès ce soir. Je ne peux déjà plus me passer de toi, dit Lola avec un sourire intense.


Encore troublée, elle laisse ses mains glisser brièvement sur sa poitrine, comme pour prolonger les sensations qui l’habitent encore.


— Allez-y… on se voit samedi soir. Gros bisous ! Filez, sinon je vous enferme dans l’infirmerie… et je vous fais subir les pires sévices, lance Bilitis en riant.


Lola et Luc partent main dans la main vers les inscriptions.

Luc n’en revient toujours pas de la tournure inattendue et terriblement troublante qu’a prise cette première heure.


Il a rencontré Lola. Une très jolie jeune fille de son âge. Certes, elle aime les femmes… mais elle lui tient la main. Elle le regarde avec tendresse, et cela lui fait énormément plaisir.

Il n’en demande pas plus, de peur de briser cette amitié naissante. Pourtant, ils ont déjà partagé quelque chose d’intime.

Il espère que ce n’était pas un simple moment éphémère… qu’elle aura envie d’y revenir.

Il la regarde plus attentivement. Ses petits seins sautillent à chacun de ses pas, devinés sous son top bleu ciel. Ses cheveux dansent au vent. Ses pommettes rosées, son petit nez, son regard lorsqu’elle se tourne vers lui… oui, ses yeux brillent d’une lumière nouvelle.

Elle est belle. Peut-être même amoureuse.

Luc s’imprègne de cette beauté si naturelle, si simple. Son esprit s’égare un instant, porté par une impulsion presque instinctive. Une pensée fugace, primitive, qu’il ne cherche pas vraiment à retenir.

Son corps réagit malgré lui, encore sensible aux sensations récentes. Sa verge est prise d’une agitation discrète, persistante, qu’il ressent à chacun de ses pas. Une excitation diffuse, entretenue par le simple contact du tissu contre sa peau.


— As-tu fini de me mater, petit cochon ? dit-elle avec un sourire malicieux.

— Tu es tellement belle… J’adore te voir comme ça, rayonnante.

— Ça se voit tant que ça ?

— Carrément, rit-il.

— Je me sens libre comme l’air.


Bilitis est tout aussi mignonne que Lola. Une très jolie infirmière, pense-t-il. Une belle Asiatique, avec un léger accent qui le charme aussitôt. Il s’est perdu un instant dans la profondeur de son regard.

Il repense à ses formes devinées sous son tablier blanc, sans vraiment savoir les décrire. Peut-être plus généreuses que celles de Lola… mais tout s’est passé si vite.

Elle dégage quelque chose de joueur, presque espiègle. Il se dit que lui aussi, à sa manière, n’est pas en reste.

Ils se sont bien trouvés, tous les trois. Une coïncidence heureuse.

Il se surprend à penser que la vie est belle… vraiment belle.

Quelle magnifique rentrée universitaire.



(Copyright - tous droits réservés - Luc Koisuru)

(Photographie: Pixabay)



 
 
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